Le Bestiaire

Gallimard

Contes et légendes

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gallimard

Resumé du livres

Il y avait une fois, là-haut, sur ces montagnes, un agnel blanc. Alors, petit, veux-tu entendre son histoire? Avec celle de la rate et de son cher ratou, du pauvre petit pou et aussi du grillon, qu’on appelle encore le grelet, le cri-cri. Peut-être que les bêtes sont comme les fleurs des champs, que chacune a trois noms? L’orvet, par exemple, on le nomme chez nous, l’anivet ; dans le Languedoc, le nadel ; et dans le Berry, le langou. Ceux qui savent les choses assurent qu’il est terrible.
Voici surtout les oiseaux : Margot la pie, l’ajasse; la tourterelle et l’auriol – c’est le loriot ; le roitelet qu’on nomme encore le roi-petit, le roi-Berthaud, le roi-bellot… Les oiseaux ont un don : ils saisissent les choses avant que les humains les démêlent.
Vous savez aussi ce qu’on dit : l’âne et le bœuf, une fois l’an, à la Noël, peuvent parler comme les gens. En revanche, c’est dans la nuit de la Saint-Jean que les animaux sauvages dévoilent leurs secrets.
Le coq hardi devient parfois coq du clocher ou Moitié-de-Coq, voire Quartier-de-Poulet. Rien de terrible comme les bêtes un peu sorcières. Si ce n’est plus terribles encore, les moitiés de bêtes.
Mais que ce soit le bouc dans la congère ou le pauvre ânichon, la biquette et ses biquets ou les poules et les oisonnes, tous redoutent le loup qui, lui, se défie du renard l’entraînant à la mare et par les champs.
Où trouver refuge sinon au château même des loups? Les animaux domestiques si dédaignés y sont allés et les ont délogés : d’amont, d’aval, de droite, de gauche, loups, louves, louveteaux, se sont mis à fuir, de plus en plus vite, de plus en plus vite. Et à cette heure :
S’ils ne sont morts
Par la campagne ils courent encore!